On noue un réseau, puis des amitiés

« J’ai commencé à fréquenter ce genre de soirées à l’âge de 30 ou 35 ans. J’étais marié et, avec ma femme, nous en avons parlé avec un couple d’amis qui nous a vanté les plaisirs de l’échangisme. Ils nous ont offert un livre et nous ont incités à rencontrer des gens. Au début on participait à des soirées à 4, puis on était une vingtaine, et jusqu’à 70 ou 80. C’est l’effet boule de neige : on rencontre des gens qui pratiquent l’échangisme, et qui nous font rencontrer d’autres amateurs, etc.

Ma femme était à l’époque enseignante. Elle était un peu réticente la première fois que nous en avons parlé, mais nos camarades ont été particulièrement sympathiques avec elle parce qu’ils savaient que c’était sa première fois.

Depuis, nous avons divorcé, je suis remarié mais ma nouvelle femme ne veut pas en entendre parler. Et il faut être honnête, quand on vieillit on a moins envie de se montrer ».

Ce n’est pas uniquement du sexe !

« Avec les gens que l’on côtoie on discute, on parle de choses et d’autres, avec certains on sympathise carrément. On a lié de nombreuses amitiés pendant toutes ces années… Avec certains nous sommes partis en vacances, en week-end, notamment dans un camp naturiste.

Il nous est arrivé de recevoir quelques couples chez nous, sinon on se rendait dans des soirées avec une bouteille, ou un plat à partager. On discute ou on fait connaissance et, de fil en aiguille un feeling se passe, et on en vient à l’acte sexuel.

C’est ça l’échangisme, le plaisir de la rencontre, de passer de bons moments, d’essayer autre chose, avec d’autres partenaires… On participait aussi à des fêtes le samedi soir généralement, le reste de la semaine, ma femme et moi restions ensemble, tranquilles, heureux ».

Nous sommes comme tout le monde

« On cherche tous à s’amuser, à passer du bon temps. Les gens se regardent, mais s’ils sont vraiment gênés il y a des recoins, ils peuvent s’isoler. Ça n’a rien de pornographique. L’échangisme, ce n’est pas plus dégoûtant que d’avoir une maîtresse, ou un amant, et de le cacher. Nous avons certes des pratiques particulières, mais au moins nous sommes en couple et nous faisons les choses d’un commun accord.

On fait ce qu’on veut, on ne s’impose aucune contrainte. Je me souviens d’une fois où nous sommes arrivés dans une soirée sadomasochiste. Personnellement, je ne suis pas attiré par ça, alors nous sommes partis.

Mais nous ne sommes pas des obsédés sexuels. Nous avons rencontré des monsieur et madame Tout-le-monde, très intéressants, avec lesquels nous avons partagé de bons moments ».

On réalise nos fantasmes

« Dans ce genre de soirées on retrouve majoritairement des couples, hormis quelques femmes seules. Tout ça c’est personnel, il faut en parler avec son conjoint ou sa conjointe. Par exemple nous regardions ensemble les annonces avec les photos avant de faire notre choix.

En revanche on ne peut pas en parler avec tout le monde… Ma famille ne l’acceptait pas très bien, je ne l’évoquais jamais avec mes collègues, et nous avons perdu un couple d’amis très proche. Ils n’ont non seulement pas souhaité nous rejoindre, mais en plus ils nous ont tourné le dos. Je trouve ça dommage. Et ce type de soirées me manque, c’est passer à côté de quelque chose que de s’abstenir si on en a envie ».