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Le libertinage redonne des couleurs à leur libido !
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S’échanger pour mieux s’aimer, le libertinage redonne des couleurs à leur libido !

 
Un million de libertins en France

Le libertinage d’aujourd’hui ne ressemble ni à un roman de Sade ni à un clip de Mylène Farmer. D’après les calculs réalisés sur la base de la fréquentation des sites de rencontres libertines et des lieux libertins du Cap d’Agde, environ 400.000 Français ont adopté le libertinage et 600.000 de plus le pratiquent occasionnellement. Parmi eux, Denis et Natalia*, en couple depuis 32 ans, vont justement prendre la route du Cap d’Agde cet été : « Nous avons fait nos premières rencontres échangistes il y a dix ans dans des soirées privées et des clubs, explique Denis. La première fois, c’était une surprise pour l’anniversaire de ma femme. »
Sur le site, Denis et Natalia, respectivement 53 et 48 ans, recherchent des couples et des hommes seuls. Pas de femme seule, car Natalia est « très jalouse et ne supporte pas de le voir avec une autre femme ». Quand ils s’échangent avec un autre couple, « Monsieur a droit à une petite fellation, pas plus », explique-t-elle. Denis, en revanche, aime la jalousie qui l’envahit quand sa femme prend du plaisir devant ses yeux avec un autre homme : « Quand je la vois avec un autre mais que c’est avec moi qu’elle repart, je suis fier comme un paon. Les autres lui donnent du plaisir, mais avec qui elle partage sa vie, avec qui elle a fait quatre enfants ? », sourit-il. « Ça a développé des côtés de notre libido qu’on ne connaissait pas », confirme Natalia.




Côte-à-côtisme, mélangisme, échangisme…
Retrouver le désir des premiers jours est la principale motivation des couples qui s’inscrivent sur le site. « Au bout de 20 ans de vie commune, on ne va pas se mentir, la sexualité est souvent proche de zéro, commente Christophe. Le libertinage permet de relancer la libido et provoque un phénomène de réappropriation de son partenaire. » Les couples qui se lancent dans l’aventure ont en moyenne une quarantaine d’années, ont vécu ensemble la moitié de leur vie, sont « très amoureux et décident à un moment de lutter contre les frustrations sexuelles dans leur couple », explique Christophe. Le parcours est sensiblement le même pour tous : lors des premières sorties en club, ils se contentent de regarder d’autres faire l’amour. Après le voyeurisme vient l’exhibitionnisme : à eux de se faire mater. Puis le côte-à-côtisme, où deux couples font l’amour l’un à côté de l’autre sans interactions. Suit le mélangisme, on se touche, on s’embrasse, on se caresse entre couples, et enfin l’échangisme et le candaulisme : les couples s’intervertissent ou bien la femme fait l’amour avec une tierce personne devant son partenaire « officiel ».


 
Depuis quelques années, l’âge des pratiquants à néanmoins tendance à baisser : ce soir, des couples de 25 ou 30 ans sont là. Pour eux, c’est une manière d’explorer leur sexualité : beaucoup de jeunes femmes sont curieuses d’avoir des relations avec d’autres femmes par exemple. « Environ 35 % des femmes sont bisexuelles ponctuellement », chiffre Christophe. Les jeunes ont aussi envie de passer des soirées plus « cools » que dans les boîtes normales : dans les clubs libertins, personne ne juge, personne n’oblige, personne n’est « relou ». « Les rencontres se font par cooptation, simplement avec des regards. Il n’y a jamais de bagarres car les gens ne boivent pas trop pour conserver leurs capacités sexuelles. On vient passer une soirée futile, joyeuse et vous n’entendrez jamais des libertins parler politique, bagnoles ou boulot : on parle de plaisir », poursuit Christophe.

« Je n’ai jamais connu mieux que ma femme »
Retrouver un peu de légèreté, c’était l’objectif de Lisa* quand elle s’est inscrite en célibataire sur le site il y a 7 ans. « J’étais en couple depuis l’âge de 18 ans. Après avoir divorcé, je n’avais pas envie de me prendre la tête et je me suis inscrite par curiosité. Et puis de fil en aiguille, j’ai discuté avec des gens que je n’aurais jamais rencontré autrement », confie-t-elle. Lisa et Steve*, son cavalier du soir, jeunes quadragénaires sexys, apprécient l’ouverture d’esprit et l’absence d’hypocrisie de ceux qu’ils rencontrent sur le site. « Beaucoup de gens imaginent que c’est un univers glauque mais chacun vit son libertinage comme il le sent », explique Lisa. Pour les célibataires, se prêter au jeu des couples est une expérience particulière : « J’aime bien qu’il y ait un bon feeling avec les deux personnes, que je puisse parler avec le mec. Je ne suis pas un objet ! », sourit Steve. « J’ai beaucoup de respect pour les couples qui font ça, il faut qu’ils soient très solides. La confiance entre eux et moi est primordiale : l’homme me confie sa femme, et je respecte ça. »
Etre libertin, ça se réfléchit, ça se prépare, ça se discute en couple. « Le principal écueil, c’est qu’un couple ne soit pas prêt, constate Christophe. On ne va pas dans le monde libertin si on ne l’a pas décidé ensemble. Il faut en parler avant, pendant et après. » Mais quand ça « marche » et que le désir reprend sa place dans le couple, c’est l’amour pour son partenaire qui en ressort grandit : « Je n’ai jamais connu mieux que ma femme. Il n’y a qu’avec elle que j’ai de vrais orgasmes. Et on fait l’amour tous les jours depuis 30 ans ! », confie Denis, un grand sourire aux lèvres et la main autour de la taille de sa femme, qu’il veut bien prêter mais n’échangerait pour rien au monde.
*Les prénoms ont été modifiés.

----- L’AVIS DU PSY--------
« Le libertinage est un mode de vie »
Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue spécialisé dans la prise en charge des addictions au sexe, auteur de Votre plaisir vous appartient (éd. Flammarion)
« Les couples qui se lancent dans le libertinage doivent passer un véritable contrat moral. Il faut qu’il y ait un lien très fort entre eux. Le libertinage est un mode de vie, plus qu’un moyen de pimenter une vie sexuelle. On peut booster sa sexualité différemment qu’en se lançant dans le libertinage, en redécouvrant le corps de l’autre, en scénarisant les choses, en utilisant des sextoys… Je déconseille fortement aux couples dysfonctionnels d’essayer le libertinage pour relancer leur couple.
A la base, il y a un fantasme essentiellement masculin de voir sa femme prendre du plaisir avec d’autres hommes mais d’être celui qui repart avec elle. C’est une forme de domination virile par rapport à des serviteurs sexuels, avec qui la femme n’a que du sexe-plaisir, ne fait qu’assouvir des envies quasi animales. Il y a aussi un fantasme de transgression, l’envie de repousser les limites du désir et du plaisir tout en respectant l’autre. Les libertins sont hypersexuels, c’est-à-dire qu’ils utilisent le sexe plus que les autres, et les soirées sont clairement ciblées : ce sont des soirées où on va baiser, il n’y a pas d’ambiguïté. »

23.09.2016
 

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