Cela fait déjà plus de vingt ans que les chercheurs planchent sur une pilule contraceptive dédiée aux hommes. Une révolution dans la gestion de la procréation, qui déchaîne déjà les passions entre les partisans et les opposants.
Le dernier congrès de l’American Chemical Society a illustré les travaux de l’Université du Minnesota en la matière : des avancées majeures dans la formulation chimique de cette première pilule pour hommes. Après le viagra féminin, nous pourrions connaître dans moins d’une dizaine d’années la contraception orale masculine.

Pilule pour hommes : comment ça marche ?

La pilule pour hommes a pour vocation de faire complètement cesser la production de spermatozoïdes, par le biais d’un traitement hormonal. Pour se faire, il faut apporter de latestostérone en excès (ou une autre hormone telle que la progestérone), afin de stopper la production de spermatozoïdes.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déjà testé cette pilule pour hommes sur 1500 volontaires et les résultats ne sont pas encore satisfaisants. Ceux-ci présentent une efficacité variant selon les populations masculines. Les sujets asiatiques réagissent par exemple mieux au contraceptif masculin expérimental que les sujets européens.
Les chercheurs travaillent également sur la forme de ce contraceptif, dont le composé doit être soluble, agir rapidement et ne pas entraîner de baisse de libido ou de plaisir. Le traitement par injection procure aujourd’hui les meilleurs résultats expérimentaux mais cette forme est plus que dissuasive pour une administration quotidienne…

Pilule contraceptive pour l’homme : une bonne idée?

La pilule contraceptive pour homme soulève de nombreux débats et de nombreuses questions. Quel sera l’impact de ce contraceptif sur le fonctionnement génital ? Comment ne pas craindre une baisse de la fertilité, après l’arrêt du traitement?
La pilule, prise par des millions de femmes quotidiennement depuis les années 60, est déjà largement soupçonnée d’entraîner différents désordres hormonaux. Les alternatives comme le stérilet est aujourd’hui de plus en plus privilégié par les femmes, y compris nullipare.

Ce futur contraceptif masculin pose une autre question : les hommes seront-ils prêts à assumer la responsabilité d’une gestion de la procréation ? C’est une barrière culturelle que les jeunes générations auront peut-être moins de mal à franchir.
Nous avons une dizaine d’années environ pour y réfléchir...